Jaime Moar
Montreal QC
Canada
J’ai passé presque tous mes étés, depuis l’âge de 12 ans, à travailler dans l’entreprise familiale, Marina Knowlton. En mai 2022, à quelques jours seulement de notre grande ouverture, je conduisais de Montréal à Knowlton, la voiture remplie de fournitures pour le restaurant, lorsque j’ai porté la main à mon cou et senti une bosse. Au fond de moi, quelque chose me disait d’agir. En traversant le pont Champlain, j’ai appelé ma clinique médicale locale pour prendre rendez-vous.
Après une échographie et une biopsie, on m’a diagnostiqué un lymphome.
J’avais alors 37 ans. Mon mari et moi essayions de concevoir un enfant, et je m’apprêtais à ouvrir un studio de yoga avec une nouvelle amie et partenaire d’affaires. Dire que ce diagnostic a tout mis sur pause serait un euphémisme.
À la suite de nombreux autres rendez-vous, prises de sang et examens d’imagerie, j’ai reçu le diagnostic officiel : un lymphome folliculaire non hodgkinien, accompagné d’une consigne inattendue : surveillance active (Watch and wait). Ce fut un choc. Après avoir encaissé le fait d’avoir un cancer, j’étais prête à passer à l’action et pourtant, on me demandait d’attendre. Ce fut un autre obstacle que j’ai dû apprendre à accepter.
En tant que professeure de yoga et coach en alignement, j’ai été plus que jamais mise au défi de vivre pleinement les pratiques que je partage si souvent. J’ai dû approfondir ma relation à la présence, écouter attentivement mon corps et faire confiance au fait que je ressortirais de cette épreuve plus forte. Et ce fut le cas.
Les années qui ont suivi ont été marquées par des hauts et des bas. La surveillance active a éventuellement laissé place à la radiothérapie, à la chimiothérapie, à l’immunothérapie, ainsi qu’à un prélèvement d’ovules afin de préserver l’espoir de fonder notre famille.
Lorsque l’on m’a demandé d’être héroïne à l’honneur pour la campagne Illumine la nuitᴹᴰ 2026, je me suis sentie profondément honorée. Je savais toutefois que ce rôle est généralement attribué à une personne qui n’est plus en traitement. À ce moment-là, j’étais encore en traitement d’entretien et je ne correspondais pas tout à fait aux critères. Dire oui a été un acte de foi, la conviction silencieuse que j’obtiendrais des résultats encourageants au moment de monter sur scène.
Je suis aujourd’hui immensément reconnaissante de pouvoir partager que mon examen le plus récent n’a révélé aucune trace de la maladie, et que nous avançons maintenant dans notre projet de fonder une famille grâce à la FIV.
Tout au long de mon parcours avec le cancer, la SLLC a été à mes côtés. Je suis profondément reconnaissante envers toutes les personnes qui continuent d’offrir de l’espoir à celles et ceux touchés par un cancer du sang. Si vous empruntez un chemin semblable au mien, sachez que vous n’êtes pas seuls. Demandez de l’aide. Ouvrez-vous à recevoir du soutien. Et, autant que possible, choisissez l’amour plutôt que la peur.