Rod Delaney
Cupids NL
Canada
En octobre 2012, dans la quarantaine et menant une vie ordinaire, tout a changé lorsque j’ai découvert une petite masse sous mon bras. Ce moment est devenu la porte d’entrée vers un parcours auquel je ne m’attendais pas — un parcours qui mettrait à l’épreuve mon corps, mon esprit et chaque définition que j’avais de la force.
Le diagnostic : un lymphome non hodgkinien indolent, un cancer à évolution lente qui se développait silencieusement depuis des années. Le plan initial était « surveiller et attendre », ce qui, pour moi, signifiait que la vie continuait. Pour ma femme Joanne — ma Lois Lane — cela signifiait surveiller de près et s’inquiéter profondément. Elle excellait dans la surveillance, mais attendre n’a jamais été son point fort.
En moins d’un an, l’attente a pris fin. Le cancer avait atteint ma moelle osseuse, et de 2013 à 2019, j’ai subi plusieurs cycles de chimiothérapie, chaque rechute arrivant plus rapidement que la précédente. Finalement, l’étape suivante était une greffe de cellules souches allogéniques — un traitement non offert à Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Nous avons donc emballé toute notre vie, nos deux chiens et notre espoir, et nous avons déménagé à Halifax pour me battre pour mon avenir.
Mais l’histoire ne s’est pas simplifiée. J’ai rechuté avant le cap des 24 mois et le cancer s’est transformé en une forme plus agressive : un lymphome diffus à grandes cellules B.
Mon oncologue — qui était devenu bien plus qu’un médecin, un ami de confiance — m’a dit doucement : « Nous n’avons plus d’options. »
Puis il a prononcé les mots qui allaient tout changer : « Il existe peut‑être quelque chose de nouveau que nous pouvons essayer — la thérapie CAR‑T. »
Quand on vit avec le cancer, on n’a pas besoin d’une force surhumaine. On a simplement besoin d’une étincelle d’espoir. Et à ce moment‑là, j’ai senti les mots de Christopher Reeve résonner en moi : « Une fois que vous choisissez l’espoir, tout devient possible. »
C’est à ce moment‑ci de mon parcours que la SLLC est entrée dans ma vie de façon déterminante. Après les premières approbations de Santé Canada pour les thérapies CAR‑T commerciales en 2018, la SLLC s’est concentrée sur l’accessibilité et le financement de ces traitements vitaux dans toutes les provinces, tout en lançant des essais « faits au Canada » en 2019. Au départ, on m’a refusé le traitement commercial — mais l’équipe CAR‑T d’Ottawa envisageait de m’inclure dans l’essai « fait au Canada ». Puis, dans un tourbillon, j’ai finalement été approuvé pour la thérapie commerciale.
Une fois de plus, Joanne et moi avons mis notre vie à Terre‑Neuve sur pause. J’ai reçu de la radiothérapie à la maison pendant qu’elle conduisait le même VUS qui nous avait menés à Halifax — chiens compris — jusqu’à Ottawa pour bâtir notre prochaine vie temporaire. Je l’ai suivie en avion, l’espoir en main, car pour la première fois depuis le début de mon combat, le Dr Jones a prononcé les mots « guérison possible ».
En juillet 2023, j’ai reçu ma thérapie CAR‑T qui m’a sauvé la vie. Aujourd’hui, près de trois ans plus tard, je demeure en rémission — plus lucide et physiquement plus fort que je ne l’ai été depuis des décennies (sauf pour le bas du dos; ça, c’est juste le football et l’âge qui s’acharnent).
Le cancer nous a pris beaucoup de choses — du temps, de l’argent, nos carrières, notre santé et la retraite que nous avions imaginée. Mais il m’a aussi donné quelque chose que je garde précieusement chaque jour : la conviction que j’atteindrai la retraite, et que je vivrai bien au‑delà.
J’ai mené un long combat, mais je ne l’ai jamais mené seul. Grâce à la détermination, à l’esprit et à l’amour indéfectibles de Joanne, au soutien constant de mes parents, aux équipes médicales de calibre mondial à Terre‑Neuve et à Ottawa, et à la SLLC qui s’est battue pour rendre accessibles les traitements qui m’ont sauvé la vie — j’ai trouvé ma force. J’ai trouvé mon espoir. Et au final, je suis devenu ma propre version de Superman.